Fallait voir dans le détail, c’est le ministre lui-même, ministre de l’Industrie, M Estrosi qui nous le dit : « Rappelant que les voitures électriques disposent déjà d'un bonus de 5.000 euros, le ministre souhaite donner un coup de pouce aux deux roues électriques, avec des tarifs affichés entre 900 et 2500 euros pour les vélos à assistance électrique et de 1.800 à plus de 4.000 euros pour les scooters. » Il me semblait que cette niche écolo industrielle pouvait être creusée.
Voyons voir plus précisément : « Les modalités de cette prime (montant de l'enveloppe, calendrier, distinction vélo et scooter électriques) devront être définies prochainement. Certaines communes comme Paris proposent déjà une prime de ce genre. Dans la capitale, une subvention de 25 % plafonnée à 400 euros est proposée depuis le début du mois aux acheteurs de vélo ou cyclo électriques. » Ce n’est pas sur, mais possible, les effets d’annonce, on connait chez Sarko.
Quel est l’enjeu, déjà sur le plan industriel ? « L'an dernier, il s'est vendu 15.700 vélos à assistance électrique en France alors qu'il y en a eu près de 100.000 en Allemagne. Il reste encore du chemin à parcourir pour stimuler le marché. Christian Estrosi compte également avec cette mesure soutenir les constructeurs français présents sur le créneau, notamment Peugeot et Matra. » (Le Figaro)
100.000, fichtre, y’a du pognon à faire !! Passons maintenant à l’offre, à la technique et aux essais « live ». Au hasard, j’ai pris le site d’Arnaud Weil, « Copyright Arnaud Weil - tous droits réservés », pour nous éclairer ( http://veloelectrique.free.fr/contact.html).
Qu'est-ce qu'un vélo à assistance électrique?
Un vélo à assistance électrique est avant tout un vélo, sur lequel ont été ajoutés un moteur électrique et une batterie. Il est considéré en France comme un vélo à condition de respecter les règles suivantes (voir la directive 2002/24/EC de l'UE):
Le moteur doit avoir une puissance limitée (moins de 250W)
Le moteur ne doit fonctionner que quand vous pédalez
Le moteur doit se couper si vous actionnez les freins, dépassez les 25 km/h, ou arrêtez de pédaler.
Le fait qu'il soit considéré comme un vélo offre les avantages suivants:
Aucune assurance n'est obligatoire. Il est probablement même couvert en responsabilité civile par votre assurance responsabilité civile.
Le port du casque n'est pas obligatoire.
Le stationnement est facilité dans de nombreux endroits.
Qui dit batterie dit recharge. Elle se fait sur une prise de courant standard. Les autonomies des vélos à assistance électrique vont de 30 à 70 km annoncés, ce qui est très suffisant pour effectuer de nombreux déplacements entre deux recharges. (Arnaud W)
Pourquoi un vélo à assistance électrique?
Le vélo est un mode de déplacement (utilitaire ou loisir) très agréable, mais les côtes sont souvent difficiles à passer, on transpire en l'utilisant (notamment si on utilise des vêtements imperméables en cas de pluie). Comme il faut fournir un effort, on respire plus vite et plus fort, et on inhale donc les gaz d'échappement de véhicules polluants (notamment dans les côtes). Justement, avec un vélo à assistance électrique, on évite tous ces inconvénients. Du coup le vélo devient un vrai plaisir. (Arnaud W)
Ouais, c’t’argument, ça me convient pas, j’ai fait 15 ans de vélo pour aller au boulot, respirer du CO, c’est chiant, qu’on soit sportif ou pas, faudrait plutôt se pencher sur les voies cyclables départementales, pas du tout adaptées.
On se rend très vite compte que le vélo est tout à fait adapté aux courts trajets. Il ne prend pas de temps à chauffer, se faufile dans les bouchons, se stationne très rapidement, et permet en plus de s'arrêter sur le chemin pour voir une boutique, découvrir un chemin, téléphoner sans danger. (Arnaud W)
Les modèles de vélos à assistance électrique vendus en France
Vous trouverez ici le récit de mon expérience (celle d’Arnaud) sur les vélos suivants:
Batavus Padova (2099€*)
Eazy mouv EMC 102 (690€*)
Sparta Ion (2099€*)
Gitane e-bike (1099€*) et bientôt d'autres, revenez bientôt...
*Prix d'achat donnés à titre indicatif. Je ne suis pas revendeur. (Arnaud W)
Sur son site, (http://veloelectrique.free.fr/contact.html) Arnaud détaille les essais de ces bécanes, l’achat et l’usage après 2 semaines, 4 mois, 10 mois, les avantages et les inconvénients.
A voir les prix, si certains modèles sont agréés par M Estrosi, la prime peut être intéressante, faudra vérifier.
Pour ou Contre
Questions à débattre :
C'est un vélo de fainéant
Oui, on peut ne pas appuyer sur les pédales si on le veut. Mais finalement je fais plus de sport avec que si j'avais un vélo classique. A vous de juger, mais je me sens sportif avec. En tout cas, je n'ai jamais entendu dire d'un véhicule à moteur thermique qu’il s’agissait d'une "voiture de fainéant" ou d'un "scooter de fainéant". Peut-être parce que les constructeurs nous ont fait associer l'idée de puissance et force à ces véhicules, alors qu'il s'agit de véhicules "zéro effort". (Arnaud W)
Ca coûte cher
J'ai payé mon premier VAE 690 €, et il ne m'a coûté que quelques Euros par mois à l'utilisation. Il n'y a aucun frais caché, et au bout de quelques mois j'ai amorti son prix d'achat par rapport à l'utilisation d'autres modes de déplacement. 690 €, c'est cher pour un vélo. Mais c'est une bouchée de pain pour un moyen de transport efficace. Tout dépend si on le place dans la catégorie vélo ou véhicule à moteur. En fait j'ai fini par comprendre qu'un vélo à assistance électrique est trop cher pour ceux qui choisissent le vélo par pingrerie. Par contre, pour quelqu'un qui souhaite bénéficier des avantages d'un vélo pour les trajets où le vélo surpasse les autres modes de transport, mais sans avoir les inconvénients du vélo classique, c'est un investissement rapidement rentabilisé. (Arnaud W)
Et avec la prime….
C'est un "vélo nucléaire"
(EDF produit la majorité de l'électricité avec des centrales nucléaires). EDF produit quelques % d'énergie à partie d'énergies renouvelables, et ces quelques % suffiraient à alimenter tous les vélos électriques si toute la France roulait en vélo électrique. Les centrales nucléaires sont là pour produire les KWh pour les chauffe-eau, machines à laver, plaques électriques et surtout chauffage qui sont énergivores. Mon vélo électrique, pour faire 20 km (mon trajet aller/retour pour aller au boulot) consomme autant qu'un petit chauffage électrique durant 4 minutes. Autrement dit, j'ai plus intérêt à chauffer 0,01° de moins chez moi que de prendre un vélo sans assistance pour rouler. (Arnaud W)
Moi, je suis un vrai cycliste. L'assistance électrique c'est pour les mollets incertains
Il ne faut pas voir le vélo électrique comme un remplacement du vélo classique. Non, je n'ai pas les mollets incertains, et je suis prêt à me mesurer au sprint et à l'endurance avec mon vélo de course (non électrifié). Mais si je n'avais pas de vélo électrique, les trajets que je fais avec, je les ferais en métro / taxi / voiture. Pas en vélo, et c'est ça le point. Et, justement, je préfèrerais voir tous ces automobilistes en vélo électrique. Avec de telles déclarations (vélo = sport obligatoire), pas étonnant qu'on voit autant de gens en voiture. Ah, oui: une voiture moyenne est environ 400 fois plus énergivore qu'un vélo électrique au kilomètre. (Arnaud W)
Vélo ou vélo électrique, où sont les voies cyclables dans le 94 ?
Respirer l’oxyde de Carbone ou les particules des diésels, non merci. Pour circuler doux, vélo, roller,… il faut investir. A raison de 15 à 20 km par an, et en partant de zéro ou presque, on n’est pas sortis du problème. Que font le département ou la région ?
A vos claviers, le débat s’ouvre par le petit côté de la lorgnette, j’attends vos réactions,
Doux rêveur, I have a dream, vous connaissez ?
C’est ça Copenhague. C’est notre cadeau à l’Afrique et aux pôles arctique et antarctique
Par contre, un conseil, même si le casque n'est pas obligatoire, il est fortement conseillé. Pour moi, il devrait être obligatoire, ainsi qu'une tenue réfléchissante, et des feux allumés en permanence(type Vélib').
@pel2far d'un vieux motards, qui trouve du plaisir à pédaler dans le 94.
L'un, matériel, est qu'il serait bien difficile de contraindre les 100 millions d'utilisateurs de vélos en libre service (Vélib, Vélov, etc) d'avoir un casque et un gilet avec eux. Alors, il faudrait leur fournir. Impossible, d'un point de vue logistique...... Afficher davantage
L'autre, philosophique, est que c'est la puissance des véhicules motorisés qui tue les cyclistes, et non le vélo ou sa pratique. Ainsi, s'il faut prendre des mesures pour que les différents moyens de se déplacer puisse cohabiter, ce n'est sûrement pas celui de contraindre le plus faible qui garantira des résultats. Sinon, pourquoi ne pas demander qu'il porte une armure pour être protégé et un girophare pour être sûr que les conducteurs le voient de loin (sic) ?
Quant au parallèle avec la voiture, il ne tient pas. Par exemple, lorsque vous vous mettez au volant d'une voiture, toutes les mesures de sécurité obligatoire sont dans la voiture, à votre disposition. Et elles s'adaptent à vous si besoin (ceinture par exemple). A vélo, il vous faut prévoir le coup. Ce qui est, par exemple, impossible lorsque vous prenez un vélo en libre service.
Finalement, après débat au sein d'une commission nationale réunissant une quarantaine d'associations de Sécurité routière de tous ordres, et mené par Mme Merli, Déléguée interministérielle à la Sécurité routière, il semblerait que cette dernière ait choisi de limiter la mesure aux enfants, pour les rendre plus visibles de tous.
Cordialement,
Ludovic Bu
Vivement les cyclistes au pouvoir."Jacques Perreux avec nous !"